01 Réunion du Comité d' Etablissement du 31 janvier 2007 (restauration)

Réunion du comité d'établissement Restauration du 30 janvier 2007 Déclaration CFDT

La restauration est-ce une activité sociale : pour la CFDT, non. Elle sert l'entreprise, cela fait partie des conditions de travail des agents. Pour la CFDT la Direction SNCF porte encore une large part de responsabilité dans les difficultés financières et de trésorerie du CE.

Pour comprendre les problèmes récurrents liés à la restauration, il est nécessaire de se remémorer l'historique ayant amener la gestion des cantines par les CE.

Il faut d'ores et déjà rappeler que lorsque les CE ont été créés, la CFDT ne souhaitait pas le transfert des cantines. On le voit encore aujourd'hui, la restauration est soumise aux aléas des destructions d'emplois opérées par la Direction.

En mai 1984, alors que la SNCF avait en charge les cantines, la CFDT restait fidèle à sa revendication pour la prise en charge financière par la SNCF sur son budget d'exploitation et pour que les agents ne paient que ce qu'ils avaient dans leur assiette.

Déjà en octobre 1984, la Direction Régionale SNCF de Tours refusait d'assumer ses responsabilités face au déficit de l'époque (92 000 Frs). Les solutions envisagées par elle, étaient les fermetures des cantines le soir et le samedi, le licenciement de personnel (4 personnes). Faut-il le rappeler que sa participation était alors de 25 centimes de franc par repas, somme inchangée depuis 1947.

Après la décision du 7 juin 85, du Conseil d'Etat annulant les 327 CE locaux, à la demande de la SNCF, de FO, de la CFTC et de la CGC, les CE régionaux ont été créés.Pour le transfert des activités à des CE régionaux la CFDT se déclarait favorable au listage prévu dans le rapport Pirot, sauf pour les cantines. Elle réaffirmait en octobre 1985 ses revendications d'une prise en charge par l'entreprise des dépenses d'investissements, d'équipement et de personnel, d'amélioration de la qualité des repas et demandait l'octroi de chèques restaurant, en particulier pour les week-end, les services décalés, les résidences isolées.

En 1985, sur notre région, il y avait 7071 cheminots (avec la zone Poitiers, mais sans la zone d'Orléans). Il ne restait en mars 2006 que 5682 cheminots suite au démantèlements d'établissements, aux réorganisations et restructurations successives, qui hélas conduisent à la situation de l'entreprise que nous connaissons aujourd'hui et qui risque de se poursuivre.

C'est bien pourquoi la SNCF devait garder en charge la restauration, aujourd'hui elle doit assumer les conséquences de ces choix en dotant les CE du financement nécessaire. Alors que la dotation sociale est de 1,72% de la masse salariale, la CFDT revendique toujours de porter à 3% de la masse salariale des actifs et retraités cette dotation.

Mais il y a aussi des choix dans la gestion qui sont contestables, en tout cas la CFDT les a toujours contestés,

En 1992, face aux difficultés, la majorité de gestion a procédé à la fermetures des restaurants le soir et le samedi midi. Ces décisions ont conduit à la réduction des emplois du personnel CE.

Il en est ainsi, aussi, du recours aux prestataires de services dont les coûts sont élevés, encore plus depuis la mise en place d'un gestionnaire de la cuisine centrale. Cette tâche pouvait être confiée au personnel du CE, encore faut-il qu'il soit formé et qu'on lui fasse confiance.

Il faut aussi s'interroger sur les conséquences de la mise œuvre de la cuisine centrale. Le concept même, qui équivaut à faire réchauffer des plats dans les différents restaurants, restreint les plats proposés, une diversification moindre dans les menus, une limitation des choix proposés, notamment en fonction des flux journaliers. Ce changement a aussi un impact sur la fréquentation.

La SNCF, en particulier la Direction Régionale, doit assumer ses responsabilités, nous l'avons déjà dit.

Mais les tensions actuelles sur le personnel du CE, sans précédent, ne doivent pas masquer les causes des difficultés. Tout est prétexte pour culpabiliser ce personnel en lui faisant porter les dysfonctionnements de la cuisine centrale.

La CFDT ne cautionne pas ces pressions, ce « harcèlement » permanent de la Direction du CER. Elle espère que face aux problèmes cela ne cache pas des solutions inavouables. La CFDT ne les acceptera pas, comme elle ne les accepte pas de la SNCF.

Des solutions doivent être trouvées pour reconquérir la population des cheminots, dès lors que la SNCF aura assumé ses responsabilités en matière de financement pour le service que lui rend la restauration en terme d'amélioration des conditions de vie et de travail de ses salariés.

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