A Monnaie, les caissières se rebiffent contre leur patron !

A Monnaie, les caissières se rebiffent contre leur patron !

A Monnaie, les caissières se rebiffent contre leur patron ! (reportage de France 3 Tours)

Huit salariés du supermarché Atac de Monnaie ont porté plainte pour harcèlement contre le patron de la grande surface. Les caissières évoquent à leur égard des pressions, des insultes et des remarques incessantes sur leur tenue vestimentaire. La gendarmerie a ouvert une enquête.

Le reportage de France 3 Tours avec l'intervention de F. Deruelle délégué CFDT Dans toute sa carrière de syndicaliste, Franck Deruelle n'avait jamais vu ça. C'était à la fin de l'année dernière, trois femmes choquées, les larmes aux yeux, débarquaient dans son bureau au local CFDT des halles, à Tours. Elles étaient toutes trois employées comme caissières dans la grande surface Atac de Monnaie et se plaignaient de l'attitude de leur patron. Un récit édifiant que le syndicaliste allait peu à peu compléter par des documents et des témoignages.

Il a immédiatement contacté la direction régionale Atac. Mais celle-ci se révélait impuissante, le magasin de Monnaie étant géré, sous la forme d'une franchise, par une société indépendante, au nom de l'épouse du directeur.

“ Une pression terrible sur les gens pour qu'ils ne votent pas pour elles… ”

« Nous avons alors décidé de monter un bureau CFDT dans l'entreprise, explique-t-il. Cela a eu le don d'énerver le patron. Il a mis une pression terrible sur les gens pour qu'ils ne votent pas lors de l'élection des délégués du personnel. »

Après cette tentative avortée d'implantation syndicale, le climat s'est encore détérioré entre le directeur de la grande surface et un groupe de salariées de plus en plus important. Ces dernières se plaignent, par exemple, de ce que le directeur exigerait « qu'elles portent des décolletés en caisse ». Elles évoquent des insultes (« pétasse », « saloperie ») à leur égard et des menaces constantes de licenciement, ainsi que des remarques caustiques sur leur tenue ou leur apparence physique.

Photo NR, Jean Décosse Huit salariés ont porté plainte pour harcèlement auprès de la gendarmerie.

Photo NR, Jean Décosse
Huit salariés ont porté plainte pour harcèlement auprès de la gendarmerie.

 

La femme de ménage de la grande surface affirme, quant à elle, avoir subi des scènes d'humiliation au cours desquelles elle est contrainte de se baisser pour ramasser des pièces de monnaie ou des feuilles de salade que le patron aurait placées volontairement sous les gondoles du magasin. Et ce, alors qu'elle souffrait du dos après une chute dans le magasin. Huit salariés en tout ont porté plainte pour harcèlement auprès de la gendarmerie.

« On peut comprendre qu'une entreprise soit en difficulté, commente Franck, le syndicaliste, mais pas qu'on parle aux gens de cette manière. L'enquête est en cours mais, en même temps, nous avons constitué un dossier pour les prud'hommes. J'ai rassemblé tous les documents concernant les heures supplémentaires non payées, les indices de rémunération mal calculés, les fiches de salaires incorrectes. »

Le dossier devrait être déposé très prochainement au conseil des prud'hommes. L'inspection du travail a également été avertie et a reçu les salariés en colère.
La NR a tenté de joindre, à plusieurs reprises, le directeur pour le faire réagir à ces accusations. Mais seule son épouse, qui est la gérante de la société, a accepté de répondre. Elle nie en bloc les comportements dénoncés par les salariés.
« C'est du n'importe quoi, répond-elle. Je ne suis pas au courant de ces plaintes. J'attends qu'on vienne m'interroger. »La dirigeante estime qu'il s'agit là d'un complot monté par ce groupe d'employés.
L'enquête, ouverte par la gendarmerie de Monnaie, doit en tout cas se poursuivre cette semaine, avec les auditions d'autres salariés mais aussi des dirigeants du supermarché.

Caroline DEVOS
© Copyright La Nouvelle République 2007 Mercredi 25 avril 2007

 

 

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