Appréciations de la délégation CFDT sur l'Accord Formation

Appréciations de la délégation CFDT sur l'Accord Formation

Eléments SNCF d'appréciation pour souscrire ou non à un nouvel acf :

Une première donnée globale : la SNCF investit 325 millions d'euros dans la formation, soit 6,5 % de sa masse salariale, pour 7,5 millions d'heures réalisées.
Rappelons que le minimum légal demandé est de 1,6 %.

Notons aussi que le caractère spécifique de l'entreprise, ancré dans le domaine de la sécurité, contribue fortement à l'ampleur de ce résultat.

Nous basant sur notre lettre de réserves et le bilan de l'ACF, nous constatons :

  • que, quantitativement, les EIF laissent encore à désirer : 76 % de réalisation annoncés par la direction. Rappelons que l'EIF est rendu obligatoire par la loi et peut être opposable juridiquement.
  • nous n'avons pratiquement aucune appréciation qualitative de ces EIF,si ce n'est du déclaratif de COFO apparaissant lors d'enquêtes rapidement menées. Tout l'édifice du système formation repose au départ sur l'EIF. Si l'entreprise ne se donne pas les moyens de réaliser correctement cette phase, c'est tout le principe de co-responsabilité qui est mis à mal.
  • que les acteurs de la formation, et principalement les Cofos, n'ont pas vu leurs moyens augmentés pour faire face aux nouvelles charges de travail nécessitées par l'application de l'accord.
  • les dirigeants de proximité, pris dans une culture de résultats à tout crin,n'ont pas la réelle possibilité de s'emparer de cet accord et de le faire vivre.
  • le développement de l'alternance, voulu par le législateur ( à terme, 3 % de l'effectif ), laisse planer le doute sur l'adéquation entre les contrats effectués dans ce cadre et la volonté d'embauche de l'entreprise à leur issue.
  • le rôle des tuteurs n'est toujours pas reconnu et valorisé.
  • l'application du DIF ne correspond pas réellement à ce que la CFDT envisageait comme possibilités de formation pour l'intérêt des agents.

Rappelons que, dans l'Accord National Interprofessionnel, le DIF était surtout destiné aux salariés éloignés de la formation. La SNCF a mis en oeuvre ce dispositif en préservant au maximum ces intérêts. Aujourd'hui ce sont presque 8 millions d'heures mis à disposition des agents et non utilisés.

Ce constat décrédibilise ce dispositif.

  • un dernier point important qui pose problème : la prépondérance des activités.

Même si RH peut faire preuve de bonne volonté et donner du contenu à l'accord ( cf les nouveaux outils EAC, BAMP ), ce sont les activités qui sont seuls maîtres à bord...

Les nouveaux éléments contenus dans la proposition d'accord :

peu de changements si ce n'est des primes supplémentaires....

Quelques réflexions :

  • globalement le contenu de l'accord a peu évolué.
  • la CFDT a essayé de faire passer des messages d'innovation, surtout sur l'état d'esprit qui pourrait prévaloir dansla formation (co-responsabilité basé sur un contrat clair et pas que des bonnes intentions, mais ils n'ont pas été retenus
  • la question ne porte pas spécifiquement sur le contenu de l'accord mais, d'une manière plus globale, sur le décalage entre l'esprit d'un accord, quel qu'il soit, et son application au niveau du «terrain»
  • il faut aussi réfléchir aux perspectives d'être ou non signataires :

par rapport aux infos disponibles et à leur accès

par rapport aux autres OS ( en particulier celles qui sont susceptibles de nous rejoindre...)

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