Compte-rendu réunion « Avenir du Fret à la SNCF » du 21 mars 2007

Compte-rendu réunion « Avenir du Fret à la SNCF » du 21 mars 2007

 

SNCF : FRET : Olivier MAREMBAUD, Mathias EMMERICH, Claude SOLARD, Fabien QUINTARD, Marie-Claude LHERITIER-ROLLET ;

RHRS : Jean-Yves MAREau.

CFDT : Anne-Marie GERAT, Frédéric PUIZON, Dominique AUBRY.

O.S. : présents : CFDT, SUD, UNSA, CFTC, CGC, FGAAC ;

absents : CGT, FO (ont demandé le report de cette réunion).

O. MAREMBAUD :

Objet des réunions : faire partager les éléments de diagnostic sur la situation de Fret SNCF et les projets qui sont en train d'être travaillés ; lieu d'information et d'échange.

fonctionnement : stabilité des participants souhaitée, 1 réunion par mois sans formalisation particulière : pas de déclaration préalable, pas de compte rendu, prise de notes.

ordre du jour : le diagnostic, l'intégration industrielle, les actions prototypes, VFLI.

Pas de plan MAREMBAUD ! des projets autour de 3 grands thèmes : Client, Performance, Responsabilisation. Ceci pour répondre à une situation très délicate. Mais il y a des potentialités, il y a une demande de Fret ferroviaire chez les clients, des flux se développent (les ports).

Performance industrielle : nous sommes très attendus sur des transformations pour montrer notre capacité industrielle (productivité/coûts). Nous pouvons nous appuyer sur nos compétences, nos qualités. L'intégration industrielle débouche sur du fonctionnement et de l'organisation. Concernant les gains de productivité à faire (20 à 30 %), l'organisation du travail sera le sujet de l'automne, où il y aura de la négociation sociale pour trouver des points d'accord.

L'industrialisation porte aussi sur le wagon isolé (WI) : il est nécessaire d'avoir ce service, il y a une demande solvable de la clientèle. Il faut faire évoluer le dispositif pour monter en qualité : jour A - jour C.

Orientation client : établir des relations fortes avec nos clients, proposer une solution complète et faire de la marge. Pour cela, le transport doit être mieux organisé à l'intérieur du Groupe, le mode de pilotage industriel doit évoluer, d'où la création de « Transport & Logistique Partenaires » (TLP), holding à 100 % de SNCF Participations qui regroupe toutes les filiales Fret du Groupe (c'est l'équivalent de « VFE Partenaires » au Voyageurs). Le président de TLP est Olivier MAREMBAUD qui reçoit une délégation de responsabilité. Le Directeur général est Mathias EMMERICH. Le sens de l'opération est de travailler dans l'industriel et dans la complémentarité, non dans le financier. Il faut donner envie par une offre de qualité en pensant d'abord aux 70 clients qui font 80 % du Chiffre d'Affaires Fret, en rapprochant les Commerciaux des Producteurs dans des « Business Unit ».

Responsabilisation : la compréhension de tous les salariés de Fret sur le projet de redressement et de développement est nécessaire pour accompagner la transformation.

participer au débat sur les grands sujets de Fret ferroviaires : l'accès aux sillons, le 44 T, l'« Euro vignette »...

CFDT : déclaration ci-jointe.

M. EMMERICH : revient sur le plan VERON qui n'est pas un échec selon lui : le marché du fret est un marché à marge faible où la pression sur les prix est constante, on était protégé sur l'acier, on ne l'est plus et il faut s'aligner sur les prix de la concurrence.

L'équité concurrentielle, qui reprend les surcoûts sociaux (retraites), les coûts de siège, les frais de fonction d'une grosse entreprise, a été refusée par l'Etat au motif qu'il ne souhaite pas « maquiller » les comptes du Fret. On démarre donc l'année 2007 avec un handicap de -150 M€.

Présentation de la projection des résultats 2006 sur l'avenir : sur 1 Chiffre d'Affaires (CA) de 1600 M€ : de 0 à 706 M€ de flux on gagne de l'argent ; 700 M€ dégradent le compte ; 220 M€ dégradent le résultat.

Le réel 2006 : - 243 M€, si on continue à assurer des trafics à marge négative et si on ne fait rien, les pertes à venir seraient de : 366,5 M€ en 2007, 420 M€ en 2008, 482 M€ en 2009, et 639 M€ en 2010.

A 40 GTK (milliards de tonnes/km), on perd 220 M€ : il faudrait 65 GTK pour arriver à l'équilibre.

Les gains de productivité seraient de 5000 ETP (équivalents temps pleins) sur 20000 (aujourd'hui) si le volume reste à 40 GTK.

Si on ne fait pas de gains de productivité, l'équilibre des comptes se ferait sur 27 GTK.

L'Entreprise souhaite conserver le CA maximum.

Le WI : la chimie est rentable ; avec les eaux minérales on perd de l'argent ; le WI représente 85 % des pertes de 2005 ; que faire des flux qui perdent de l'argent ? Il est difficile de tracer les flux en WI (par rapport aux voyageurs), on ne peut pas défendre tous les flux, les marges sont faibles. Si on gagne 20 à 30 M€ avec le Fret, c'est beau. On retrouvera une spirale vertueuse, le fret est en hausse dans toute l'Europe, mais aujourd'hui la croissance est partagée avec les nouveaux entrants. Le combiné a été restructuré et connaît une forte croissance. La reconquête ne se fera que sur des bases saines.

Les concurrents vont mettre 10 ans pour prendre 20 % du marché. Ils en assurent actuellement environ 3 %. Si on arrive à l'équilibre des comptes en 2010, on aura bien servi la SNCF.

O. MAREMBAUD : sur les PGC, les eaux, il faut trouver des modes différents, mettre à plat le WI. Il y a des questions d'outil de production. On est au fond du trou avec 350 M€ de pertes. La spirale vertueuse en 2010 ? il faut transformer l'attente des clients.

Fin 2007, les nouveaux entrants vont avoir des capacités nouvelles en personnels et en locomotives, 2007 est donc une année cruciale pour progresser. Sentiment qu'on peut avancer dans la négociation sociale de l'automne 2007. Il faut convaincre l'Etat que l'on va dans le bon sens.

C. SOLARD : intervient sur l'intégration industrielle. Aujourd'hui, l'entreprise est cloisonnée (organisation par régions SNCF, non par flux ; les métiers ; l'acheminement / convoi ; 1 tube commercial et 1 tube production). Il faut casser ces cloisonnements au bénéfice des clients pour obtenir une production plus fiable et plus fluide, donc avoir une organisation par flux longues distances en national et en international.

Pour cela, l'entreprise met en place début avril 5 zones (Nord, Est, Sud-est, Atlantique, Ile de France + Normandie) avec à leur tête 5 patrons de haut niveau qui auront autorité sur l'ensemble des équipes de production et commercialisation (Grands Axes, Zones Fret, commerciaux, UO et UP fret des établissements) et qui disposeront du budgétaire.

O. MAREMBAUD sera leur N+1, et fixera le pilotage stratégique.

Leurs objectifs :

- décloisonner ;

- continuer « rendons le sourire à nos clients » ;

- faire de la productivité, de la compétitivité ;

- participer à l'élaborationdes conditions de service dans les appels d'offres ;

- mettre en place les actions prototypes ;

- créer un sentiment de fierté et d'appartenance à la famille Fret ;

- discuter directement avec les équipes sur le terrain ;

Questions CFDT :

-quid de l'organisation actuelle en Grands Axes (GA) et Zones Fret (ZF) ?

-Est-ce un retour à un système d'acheminement entre 5 entités (par rapport au système des 23 PC qui existait avant le plan VERON) ?

- les triages seront-ils pilotés par les 5 Zones ?

C. SOLARD : le but est de créer un management autour du client. L'articulation Terrain et Métiers dévolue jusqu'à présent au Directeur Régional est reprise par le nouveau Directeur de Zone au sens du Terrain. La ZF est un échelon territorial, c'est un succès à capitaliser avec l'ensemble des métiers décloisonnés à l'échelle des 5 Zones.

La question des sillons demeure. GA et ZF ne sont pas directement impactés, les missions convoi sont nécessaires, mais on va regarder leur évolution à travers les flux, la fonction reste, ils seront sous l'autorité des 5 Directeurs.

Cela impacte les modes fonctionnement Exploitation et Traction : les UO et UP seront les contacts naturels des 5 Directeurs (par exemple, un Etablissement Traction doit connaître la demande commerciale avant de régler l'absence de ses personnels !).

L'impact est faible sur les Directions nationales, mis à part le renversement du fait que désormais on s'organise à partir du Client/Terrain.

Les triages seront pilotés par les 5.

O. MAREMBAUD : la nomination des 5 Directeurs se fera lors du CA du 28 mars. Le choix de ces 5 patrons de haut niveau reconnu s'est fait sur leurs capacités (décentralisation, technico-commercial, imagination/organisation, plus prêt des opérationnels). Donc mise en place le 2 avril. Ils sont des chefs de projets. Ils devront faire bouger vite les organisations. Il y aura des réunions au niveau des 5 Directeurs, à l'instar de celles organisées par O. MAREMBAUD avec les O.S.

Insistance sur les passerelles dans l'entreprise, élément du parcours professionnel pour ne pas enfermer les gens au Fret qui doit être un passage valorisant. Il faut trouver des modes de valorisation, ça sera dans le débat.

C. SOLARD : VFLI, filiale du groupe SNCF, assure du service de manœuvre aux grands industriels et de la sous-traitance SNCF (chantiers travaux infra, par exemple).

Des clients nous piquent des trafics avec des niveaux de marge leur permettant de se créer des cagnottes, VFLI qui possède depuis l'été dernier une licence d'entreprise ferroviaire, vient en réponse aux difficultés de la concurrence sur :

- des trafics SNCF partant à la concurrence ;

- de nouveaux trafics que Fret SNCF n'est pas en mesure de capter.

VFLI intervient sur le segment des transports massifs attaquables par la concurrence :

- Carling - Dillingen - Pont-à-Mousson (concurrence VEOLIA) ;

- Corbehem - Le Havre (aujourd'hui routeSTVA) ;

- Dunkerque - Chauny (VEOLIA) ;

- Caffiers - Mitry (granulats / EWSI) ;

- Lieusaint - Bercy (repris à VEOLIA, produits alimentaires, MONOPRIX, dans le cadre d'une politique de développement durable) ;

- Lacq - Artix - Bayonne (ECR / VEOLIA) ;

- Toulouse - Port la Nouvelle (ECR / VEOLIA, céréales) ;

- Fos, port Edouard Hériot - Miramas - Plaine de l'Ain - Ambérieu (VEOLIA).

O. MAREMBAUD / F. QUINTARD : les actions prototypes 11 projets selon 2 types :

- soit un service très identifié de point à point répondant à un besoin spécifique client ;

- soit une organisation de travail spécialisée au trafic assuré (exemple : organisation COPERLE).

Avec un patron / chef de projet et une équipe en coproduction avec le client.

Projet 2007 :

- flux ferraille GDE Montoire (concurrence ECR) développement des sites ;

- navettes COPERLE ( EWS)optimisation des rotations ;

- flux GPL Miramas - Italie (à étudier) ;

- hub autos à Mulhouse - Dunkerque ;

- hub granulats en Ile de France ;

- navettes aller/retour usine de Nelle - Allost, mise en place ;

- navettes client Roquette (approvisionnement usine de Lestrem), mise en place ;

- offre chimie Bassin Lyonnais - Sud-ouest sans passer par les triages ;

- sidérurgie sur Grande Couronne Région Parisienne (usines Peugeot) + retour wagons de ferrailles ;

- Martigues - Chauny (Arkema) ;

- Chestel - Revigné (Arcelor).

Prochaine réunion : 18 avril

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