CPC Voyageurs du 17 juin 2008 déclaration CFDT

CPC Voyageurs du 17 juin 2008 déclaration CFDT

Lors de cette CPCV, il va être évoqué l'évolution des métiers Trains. Ce sujet ne peut être traité sérieusement qu'avec la volonté des directions d'améliorer la qualité de vie au travail des ASCT, qui obligatoirement passe par la mise en place d'une valorisation des parcours professionnels.

Si les aspirations des salariés en termes de conditions de travail ne changent pas au fil des années, toujours plus nombreux sont ceux qui s'intéressent de près à leur carrière.

En choisissant d'aborder lors de cette CPCV, la thématique des parcours professionnels, la CFDT affirme sa volonté de voir s'améliorer les conditions de travail de l'ensemble des salariés, pose la question de la sécurisation des parcours professionnels. Or les cheminots l'ont bien compris : désormais, leur carrière se construit de plus en plus au fil des expériences vécues individuellement aujourd'hui au sein de l'EPIC SNCF, demain certainement au sein du groupe SNCF (emplois successifs, changement de filière, de branche d'activité, création de nouveaux produits avec effectifs dédiés..), les restructurations de l'entreprise font qu'il devient difficile pour un nombre non négligeable d' agents de concevoir sa carrière au sein d'un seul métier. Voir pour certains au sein de la SNCF.

L'accompagnement social lié à ces évolutions structurelles dues en partie à l'arrivée de la concurrence en 2010 reste à construire et à valoriser auprès des cheminots.

La mobilité des salariés est devenue une réalité concrète dans le privé. Parmi les principales motivations, l'aspiration à un meilleur salaire, mais aussi le manque de perspectives liées au poste occupé. En effet, le défaut de reconnaissance et le sentiment que l'ascenseur social est en panne sont autant de points d'insatisfaction qui incitent à réorienter son parcours professionnel.

Dans notre entreprise la mobilité professionnelle reste un sujet difficile et souvent mal vécu par les salariés qui le subissent après une restructuration de leur établissement ou de leur filière. Au même titre la spécialisation suite à la mise en place de la gestion par activité de la charge de travail est assimilée à une régression professionnelle.

Pour permettre aux cheminots de développer un « capital compétences » adapté à leurs aspirations professionnelles. La formation apparaît comme un élément déterminant d'évolution. Ce qui contraste avec l'appropriation des outils de formation et de gestion des compétences (Dif, VAE...) par les salariés : aujourd'hui, encore trop peu d'agents y ont recours.

Dans ce contexte, comme évoqué par la CFDT lors de la CPCV formations ; la formation, qui devrait être considérée comme un avantage compétitif indéniable dans notre savoir faire, se transforme en une variable d'accompagnement de la culture de résultats à tout prix.

Il n'est pas certain que l'objectif de l'entreprise à l'horizon 2012, +50% de chiffre d'affaire, se fasse en adéquation avec l'implication des ASCT et de l'ensemble du personnel y compris dans le domaine formation.

En effet, à trop vouloir mettre en avant une stratégie de marchés, où l'axe financier est le seul moteur, on fait fi de toutes les compétences individuelles et collectives qui permettraient de valoriser, de motiver et de fédérer les agents autour d'un véritable projet d'avenir d'entreprise

Les difficultés actuelles de la négociation sur la GPEC sont la preuve de cet état d'esprit.

Les évolutions de métiers, qui ne sont en fait que des alibis pour effectuer des gains de productivité, découlent de cette même logique.

Alors la CFDT se demande si toutes les négociations, concertations et autres rencontres menées actuellement ne se font pas uniquement dans un souci d'affichage de dialogue social qui n'en a que le nom.

La CFDT, qui est aussi pour une culture syndicale de résultats, veut croire que l'esprit de responsabilité de nos dirigeants finisse par l'emporter.

Pour anticiper et accompagner les évolutions de notre entreprise, pour mieux comprendre les besoins d'anticipation et d'accompagnement des évolutions de carrière, pour améliorer la qualité de la vie au travail. Pour la CFDT cheminots il est d'importance de créer des outils adaptés pour l'ensemble des salariés .Reste à faire évoluer les outils existants pour parvenir à une meilleure sécurisation des parcours professionnels et à une gestion des âges harmonieuse dans l'entreprise.

Au travers de bien des dossiers actuellement en cours (proximitr'1, Railteam, Temps Choisi, évolutions des métiers commerciaux et de leur rémunération...) comme pour les agents des EEX ou des ECT, Il apparaît pour la CFDT que la SNCF préfère travailler sur une recherche constante de gains de productivité en supprimant des effectifs mais aussi en développant en parallèle une politique salariale individualisée où les agents constatent la régression de certains types d'EVS aux profits de nouveaux, liés uniquement à la productivité.

Ces recherches brutales et accrues de productivité sont mal vécus par les salariés qui ressentent au quotidien une dégradation de leurs conditions de travail, Un présence de leur hiérarchie de proximité, qui ne s'inscrit plus dans une démarche de travail d'équipe mais plus comme les prémices cachés d'une forme de harcèlement qui génère de fait, stress et dégradations des conditions de travail.

Que dire des accords locaux bien mal menés, voir souvent purement et simplement supprimés, pour exemple la gestion du dossier proximitr'1 sur certains ECT parisiens, Railteam sur l'ECT de Nantes où le « 80/20% » n'est pas respecté, alors que ce point précis est repris dans le cahier des charges national Railteam et confirmé lors de la dernière DCI qui c'est tenu avec la DDT et l'ensemble des organisations syndicales.

En ce qui concerne plus particulièrement les centres d'appels téléphoniques, la CFDT constate une pression croissante des directions pour réduire les temps de pause, voir supprimer la pose repas. Et cela sans qu'aucune des directives nationales en la matière ne soit présentée aux représentants du personnel.

Quelles sont les normes en la matière ?

Le service de santé au travail a-t-il été consulté pour apporter son avis ?

L'évaluation des risques a-t-elle été faite pour ces métiers ?

Les instances HSCT ont-elles été consultées ?

La reconnaissance du facteur pénibilité pour certains métiers commerciaux reste plus que jamais un sujet d'actualité pour la CFDT.

La CFDT demande le statu quo en ce qui concerne l'organisation du travail dans les CLD.

La CFDT demande qu'une étude soit diligentée par les services santé au travail. Qu'à la suite de cette étude, il soit mis en place un groupe de travail issu de la CFHSCT commercial et ceci avant le mois d'octobre 2008.

Madame la présidente, si la CFDT se félicite des avancées concrètes obtenues dans le cadre de la DCI du 30 mai 2008. Il n'en reste pas moins que de grandes inquiétudes assaillent les cheminots quand à l'avenir de leur entreprise, du statut, du RH0077, de leurs conditions de travail, de leur rémunération.

De ce constat CFDT interne à notre entreprise comment ne pas faire le parallèle avec l'état économique de notre pays.

Par les actualités, nous sommes amenés à constater l'appauvrissement d'une grande partie des salariés. La paupérisation des retraités qui bénéficient de basses pensions, la remise en cause par notre gouvernement du code du travail et des accords passés avec les organisations syndicales représentatives lors du 20ème siècle.

Cet à ce titre et plus particulièrement pour la défense des 35H00 que plusieurs confédérations syndicales dont la CFDT appellent les salariés à venir ce jour massivement manifester. Notre délégation quittera cette CPCV au cours de ses travaux afin de pouvoir se joindre à cette action solidaire.

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