Crise financière : Les salariés attendent des réponses concrètes

Crise financière : Les salariés attendent des réponses concrètes

L’ampleur de la crise financière mondiale fait croître les inquiétudes chez beaucoup de salariés dans le monde entier. Quelles en seront les conséquences dans les pays les plus pauvres ? Que va devenir l’épargne des retraités américains placée dans des fonds de pension ? Comment l’Europe peut-elle faire face et quel va être le prix à payer en matière d’emploi et de salaires ?

 

Il y a une semaine, le président de la République s’est livré à une critique sévère du capitalisme financier. Critique que nous partageons, mais qui est bien tardive. Depuis des années, nous affirmons que les exigences des actionnaires en matière de rendement financier sont intenables sur le long terme car elles ignorent les performances de l’économie réelle.

Il nous a aussi dit que la crise n’épargnerait pas la France et qu’elle aurait des conséquences en matière d’emploi et de salaires. Quelques jours plus tard, une forte hausse du chômage était annoncée, qui ne nous a pas surpris compte tenu de ce que nous observons dans les entreprises. Celles-ci mettent en effet un terme aux contrats d’intérim et déclenchent des plans sociaux.

Si le langage de vérité est indispensable, nous attendons du président de la République et du gouvernement autre chose que des incantations ou une justification des réformes en cours.

Oui, il faut des réformes structurelles. Mais celles-ci ne sont acceptables que si elles sont efficaces et équitables. Et en période de crise, une politique courageuse consisterait à amplifier les réformes adéquates et à freiner les autres. Ainsi, qui peut croire que l’encouragement fiscal aux heures supplémentaires va pallier l’absence de croissance économique ? Alors qu’il convient de mettre en place les moyens pour un accompagnement personnalisé des demandeurs d’emploi, le gouvernement ne parle que de rationalisation des moyens ou de réduction des  effectifs dans la fonction publique.

Réguler et encadrer la finance au niveau mondial ? Oui, évidemment. Mais, comment assurer un poids de l’Europe dans ce débat ? Pourquoi ne pas réunir rapidement un sommet européen qui essayerait de dégager un consensus sur les règles à mettre en œuvre ?

Pourquoi ne pas chercher, au niveau européen, les moyens d’une croissance durable ? La France doit trouver, avec ses partenaires de l’Union, les moyens de relancer l’activité économique en lien avec l’objectif de croissance durable (économies d’énergie, habitat, infrastructures…). Il faut passer aux actes. Les salariés attendent des réponses concrètes. 

Marcel Grignard, secrétaire national

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