Déclaration CFDT Rencontre du 03 octobre 2006 avec Mme la Présidente

Déclaration CFDT Rencontre du 03 octobre 2006 avec Mme la Présidente

Madame la Présidente,

Cette première rencontre à la demande de l'ensemble des fédérations syndicales, doit nous permettre de vous faire part et de débattre des préoccupations des cheminots dans la période et notamment sur l'avenir de notre entreprise.

Par courrier du 14 septembre dernier, vous indiquiez observer, entre autre, le fonctionnement du dialogue social au sein de l'entreprise. Pour éviter toute frustration d'un coté comme de l'autre, la CFDT souhaite vivement que cette première rencontre soit placée sous le signe de l'écoute, d'une écoute mutuelle et constructive.

Comme nous l'avons exprimé lors du dernier CCE, la CFDT Cheminots tient à mettre l'accent sur certaines préoccupations énoncées dans le courrier interfédéral du 18 septembre.

Tout d'abord, la situation du Fret avec un premier constat non partagé.

Pour la CFDT, le plan Véron est un échec.

Certes, la situation financière serait améliorée, mais à quel prix ! Quand la Direction parle de réorganisation de la production, nous parlons de désorganisation et pour la reconstruction de l'offre, nous parlons d'abandon et de destruction.

Nous serons au moins d'accord sur un objectif dit de société visant à la réduction du nombre de camions sur les routes. Mais là, on ne peut pas dire que l'ouverture à la concurrence du ferroviaire amène à la conquête de nouveaux trafics et parts de marché mais plutôt à des opérations de partage de l'existant au détriment de l'opérateur historique : la SNCF.

La question du devenir du fret SNCF est largement posée : remise en cause des aides, évolution structurelle, ...

Quelle sera l'action de la Direction de l'Entreprise envers la Commission Européenne et le Gouvernement français pour favoriser le développement du fret ferroviaire (limitation du tonnage des poids lourds, aide au combiné,...) ?

La CFDT restera vigilante sur les travaux du comité spécialisé du Conseil d'administration et de ceux de la commission économique du CCE ainsi que sur les suites des audits menés par messieurs Taillanter et Marembaud.

Concernant la réglementation du temps de travail dans les entreprises ferroviaires, la CFDT prend acte du positionnement de l'Etat au travers de la réponse du 1° Ministre.

Une nouvelle phase de négociation va s'ouvrir.

La CFDT Cheminots avec sa Fédération Générale de Transports et de l'Equipement s'est déjà positionnée dans ce débat et continuera son action en vu d'obtenir une réglementation unique pour les cheminots et les salariés des autres entreprises ferroviaires sur la base du décret de 1999.

Sur la question des retraites.

La CFDT note avec satisfaction votre souhait d'un débat serein en dehors de toute agitation politicienne et votre refus d'une notion de privilège qui colle au système de retraite des cheminots.

Nous tenons à rappeler que si la CFDT est prête à débattre en connaissance de tous les éléments, elle n'est pas prête à brader les acquis de notre régime.

Sur les sujets des réorganisations, de l'emploi et des missions de Service Public :

Bon nombre de cheminots sont aujourd'hui interpellés par la multitude des réorganisations lancées dans l'entreprise. Ils en cherchent le sens et la CFDT partage avec eux l'inquiétude qui peut naître de cette interrogation. Pour nous il est clair que les transformations de l'entreprise doivent s'inscrire dans l'objectif de renforcer le positionnement de la SNCF et de son Groupe dans leurs missions de Service Public.

Bien entendu ce renforcement nécessite que le service rendu aux clientset usagers soit de bonne qualité. Au vu des résultats observés, notamment en terme de régularité, la CFDT considère que le niveau des ressources humaines et des moyens matériels est insuffisant par rapport aux ambitions de développement et de qualité de service affichées par l'entreprise.

2007 sera, Madame la Présidente, votre premier exercice budgétaire. La CFDT mesurera au travers du projet de budget la traduction des ambitions de développement que vous avez exprimées.

L'amélioration du dialogue social fait partie de vos priorités.

La vie d'un accord d'entreprise ne se limite pas seulement aux phases de négociation et de signature mais également au degré d`implication des signataires dans sa déclinaison et son suivi.

La CFDT a paraphé l'Accord pour accompagner la mobilité résultant des mesures d'organisation et d'évolution de l'emploi. Des commissions de suivi nationale et régionales sont instituées, la CFDT prendra toute sa place et oeuvrera à la bonne application de cet accord.

Autre accord, l'Accord salarial qui prévoit dans son article 7 un comité de suivi, la CFDT en tant que signataire a demandé formellement de le réunir dans les meilleurs délais.

Comme vous avez pu le constater les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui pour la mise en œuvre d'un accord d'intéressement dans l'entreprise. La CFDT souhaite néanmoins que l'esprit de cette démarche se traduise par une mesure symbolique pour les cheminots. C'est le sens de notre proposition faite le 1° septembre en bilatérale d'introduire le chèque restaurant dans l'entreprise. Les résultats de la SNCF et de son groupe pour le 1° semestre 2006 nous confortent dans notre demande.

La délégation CFDT