Encore une rupture de la caténaire, le 09 Décembre 2008 vers Sainte Maure de Touraine (37)

Ce n'est pas la fatalité

Pour les syndicats, l'incident n'est pas la faute à pas de chance… « Il ne faut surtout pas parler de fatalité », estime Gilles Crespin, secrétaire régional adjoint Infra de la CFDT. Pour la CGT comme pour la CFDT, la cause première de la rupture de la caténaire réside dans la politique d'économies menée par la direction de la SNCF et par RFF (propriétaire des infrastructures).

La politique d’économie selon les syndicats serait à l’origine de ces incidents à répétition.« Par souci d'économie, on a augmenté sensiblement le pas de maintenance, c'est-à-dire le temps entre l'installation de la caténaire et le moment où on effectue la première surveillance », explique Gilles Crespin. « Avant, ce pas était fixé à deux ans, on est passé à un an et demi puis à deux ans. Pourquoi ? Parce que RFF nous donne moins d'argent : c'est en effet nous, agents SNCF, qui sommes prestataires de service pour RFF. »

Le deuxième facteur qui explique selon les syndicats la multiplication des incidents, c'est la tolérance d'usure admise sur le fil de la caténaire : « Avant, il était fixé à 20 %. C'est le seuil qui est pratiqué dans la quasi-totalité des autres pays européens. En France, on est passé à 30 %, toujours pour des raisons d'économie. Le problème, c'est que le fil plus usé est plus vulnérable aux aléas climatiques : l'été, quand le fil se dilate sous l'effet de la chaleur et se détend, il rompt plus facilement au passage des pantographes. L'hiver, quand il se couvre de givre, il se crée des points de rupture. » C'était justement le cas hier matin.

Les syndicats ont alerté la direction sur les risques :« Elle en est tout à fait consciente mais elle préfère courir ce risque », estime Gilles Crespin. « C'est la même chose pour la diminution des moyens dans le service d'astreinte caténaire : cela risque d'augmenter considérablement les durées d'intervention en cas d'incident de nuit. Apparemment la SNCF assume le risque de dégradation du service. »
Il est vrai que la nuit, les TGV ne circulent pas…

Une rupture d'une caténaire, hier vers Sainte-Maure, a provoqué d'importantes perturbations sur le trafic SNCF entre Paris et le sud-ouest.

Quand, hier matin, vers 8 h 45, le conducteur du TGV en direction d'Irun et d'Hendaye a constaté l'absence de courant électrique, certains ont immédiatement pensé aux opérations récentes de sabotages dont ont été victimes des TGV récemment.

En fait, il s'agissait d'un incident devenu malheureusement banal ces derniers temps : une rupture de caténaire, ce fil qui conduit le courant sur lequel frotte le pantographe des locos et des TGV. Au passage du TGV, le fil sans doute fragilisé par le givre s'est rompu. Incident banal, mais lourdes conséquences : une vingtaine de TGV et de nombreux TER ont dû subir des retards importants (lire le détail en pages France).

Une chance dans le malheur : la rupture survenue sur la voie 1 (sens Paris-province) n'a pas empêché la circulation sur la voie 2 (province-Paris). Sauf pendant les opérations de transbordement de la rame arrêtée en rase campagne vers une autre rame de secours, la voie 2 a pu absorber lentement le trafic dans les deux sens.

Une trentaine d'agents SNCF ont été mobilisés pour assurer ce transfert de 500 passagers. Par ailleurs, la SNCF a fourni des plateaux-repas aux voyageurs bloqués dans les autres gares, en particulier à Saint-Pierre-des-Corps. La circulation normale sur les deux voies devait être rétablie vers 18 heures.
Cette énième rupture de caténaire risque de faire des remous au sein de la SNCF : les syndicats n'y voient aucune fatalité mais la conséquence d'économies réalisées sur la maintenance. Ont-ils tort de le faire ?

Le journai qui parles de vous.

 © Copyright La Nouvelle République 2008   Mercredi 10 décembre 2008 


Copyright© 2008 Tous droits réservés cfdtcheminotscentre.org Em@ail Webmaster
[
Imprimer cette page >>>]