Gestion par activités 03 2001


“Nouvelle organisation de la SNCF”

 

 

 

Gallois passe en force !

Zone de Texte: Le Président Louis Gallois veut faire passer en force un mode d’organisation de l’entreprise très proche de celui du privé et des préconisations les plus libérales de Bruxelles. La CFDT a décidé de s’opposer à cette stratégie qui, contrairement à ce que prétend la direction, ne répond en rien aux attentes des clients, mais risque d’handicaper la SNCF dans ses missions de sécurité et de qualité du service public. L’enjeu est de taille. Comme pour RFF, demain il sera trop tard pour se dire qu’il fallait agir hier. C’est pourquoi, la CFDT appelle dès à présent à la mobilisation générale les cheminots contre ce projet qui met en péril l’unicité de l’entreprise et la spécificité de ses métiers

· Gestion Par Activité :

Une discussion mal engagée

La discussion s’est ouverte au mois de juin 2OOO sur la “Gestion Par Activité”. La CFDT a réagi aussitôt en organisant un grand forum débat dès septembre, à la bourse du travail de Paris. Plusieurs centaines de militants CFDT ont eu alors l’occasion de prendre la mesure des orientations défendues par la direction, en les comparant aux réformes engagées dans les autres pays européens.Lors de la table ronde d’octobre, le président proposait de mettre en place des groupes de travail transverses chargés d’étudier les dysfonctionnements de l’entreprise avant de déboucher sur des solutions en matière d’organisation, la direction rebaptise la GPA en “Cap Clients”

 

 

 

“Cap clients”:

 

La politique de l’entonnoir

Chacun s’aperçoit vite que la “concertation” engagée, n’a rien à voir avec un vrai dialogue social: c’est la direction qui pose les questions et c’est la direction qui y répond ... ou qui n’y répond pas, selon ce qu’elle a décidé. Pire, elle cherche à entraîner les organisations syndicales dans une logique d’entonnoir où l’on peut discuter à l’infini du rôle de la sécurité et des ressources humaines, dès lors qu’on ne remet pas en cause la logique managériale définie par le Président lors de la Convention cadres de novembre : “Il faut que l’entreprise soit habillée en bas comme en haut”. En clair : les directeurs d’activité doivent piloter en direct “leurs” établissements. Cette position dogmatique conduit à éclater les Etablissements Exploitation (EEX) pour constituer un établissement Voyageurs, un Fret, un Infrastructure par Région, en fusionnant Transport-Circulation et Equipement.
La CFDT, la CGT, FO, la CFTC, SUD et la FGAAC refuseront de continuer à siéger dans ces conditions. La Direction continuera, en tête à tête, son dialogue de sourds avec l’UNSA et la CGC.

· Cap ou pas Cap ?...

Le 5 mars, le Président Gallois jette le masque

Lors de la “Table ronde conclusive”, le Président annonce que son option d’organisation des établissements est définitivement arrêtée. Elle ne diffère pas des options initiales. Il confirme même que les PC seront directement rattachés au Directeur d’Etablissement régional Infrastructure. Tout au plus, la direction s’est servi des critiques les plus vives que nous avions formulées lors des premières rencontre pour atténuer, en apparence, les effets les plus immédiatement dévastateurs sur le plan de la sécurité. (Séparation - provisoirement- maintenue entre les métiers de l’équipement et du Transport). Cet habillage ne trompe personne ! La volonté du Président de verticaliser le fonctionnement de l’entreprise est intacte même s’il a décidé de prendre un an de plus pour y arriver (la partition effective des EEX n’interviendra qu’au premier semestre 2002). Il démontre que ses préoccupations affichées de “tourner l’entreprise vers le client” n’étaient qu’un prétexte et qu’il est prêt, à l’instar de ses homologues de la Poste, des Télécoms, d’Air France, d’EDF, à s’engager dans un conflit sur la durée avec les cheminots pour faire passer en force son projet en conformité avec libéralisation du rail européen.

Paris, le 5 mars 2001