Les PN en Indre et Loire

INDRE-ET-LOIRE Quand le train passe Cyril veille NR du 04 09 2003

Cyril, 21 ans, est garde barrière à Langeais.De 6 h à 14 h, il descend les barrières à chaque passage destrains. - Il reste environ 300 passages à niveau en Indre-et Loire.

- Le représentant du ministère des Transports canadien est donc venu se renseigner sur la législation française en Indre-et-Loire.

Cyril est depuis quelques mois garde-barrière au passage à niveau de Langeais. Il doit couper la circulation à chaque passage de train.

0N n'est jamais trop prudent. Ce conducteur fait sienne cette devise. Quand il approche des rails, il ralentit, regarde consciencieusement des deux côtés et finalement passe, tout doucement. Précaution inutile. Cyril veille à couper la circulation à chaque passage de train. Huit heures par jour, ce jeune homme de 21 ans prend place dans la maison du garde-barrière et attend la sonnerie annonçant l'arrivée d'un véhicule.

Dès six heures du matin, Cyril s'installe à la table. Cigarette à la main, il lit des magazines de tuning, mange des céréales et boit du jus d'orange : « Ça me réveille ». Pas question de faire un petit somme, le temps ne passe pas vite mais le garde-barrière doit être toujours prêt à réagir. « Quand je sens que je pique du nez, je vais faire un tour. Je dois surveiller en permanence que les voitures ne stationnent pas sur la voie ou que les piétons ne se promènent pas entre les barrières. »

Cyril travaille depuis le le, février à Langeais. Un premier poste avant de retourner sur les voies. « C'est un peu un passage obligé pour les gens qui sortent d'un contrat de qualification. Normalement j'irai travailler sur les voies dès février 2004. Je préfère, c'est un travail en équipe. Ici, je m'ennuie. »

Aucun regret pourtant chez le cheminot qui, après avoir travaillé dans la mécanique automobile, a rejoint la SNCF. Il assume son poste de garde-barrière, a acquis les réflexes, gère maintenant l'angoisse d'un accident dont les conséquences ne manqueraient pas d'être graves. Quand la sonnerie retentit, il court à la barrière et la descend pour em

pêcher les automobilistes - qui « n'ont pas vu » le feu rouge - de passer. « Les gens sont parfois imprudents, ils accélèrent quand ils me voient aller à la barrière. Il faEn 2004, le passage à niveau sera automatisé et les gardes-barrières n'auront plus besoin de veiller. « Pour l'instant, cela me semble difficile. D'ailleurs, je crois qu'ils attendent la fin de l'autoroute. Auut toujours être vigilant. »jourd'hui, il y a trop de circulation et trop de camions. Je n'ai pas entendu parler d'accident ici, mais il faut dire que nous surveillons 24 heures sur 24. »

Anne DUJARDIN.

Les passages à niveaux en Indre-et-Loire

- En Indre-et-Loire, il reste aujourd'hui 31 passages ,-à niveaux lardés, 173 automatiques et 102 équipes d'une croix Je Saint-André,

- Les passages à niveaux gardés sont équipés de barrières manœuvrées par des employés rire Ia SNCF. Les passages à niveau automatiques sont équipés d'une signalisation sonore et lumineuse complétée par des demi-barrières. Les autres passages à niveau sont franchis sous la responsabilité des usagers.

- Depuis quelques années, la SNCF mène une politique de suppression et d'automatisation des passages à niveaux. Trois objectifs . remplacer le travail de gardiennage manuel par des barrières automatiques, réduire le temps de fermeture des barrières pour améliorer la fluidité de la circulation et limiter le risque d'enferîer des véhicules ou d'un usager entre les barrières.

D'après les chiffres nationaux, les accidents, s'ils restent trop nombreux, ont baissé considérablement depuis les années 70. Les derniers chiffres datent de 2001. En 1970, on comptait 85 collisions aux passages à niveaux gardés contre un seul en 2001. On enregistrait 51 collisions aux passages à niveaux automatiques contre 122 en 2001 et 113 accidents aux passages non gardés en 1970 contre 37 en 2001. 93 personnes ont été tuées lors de ces accidents en 1970 contre 45 en 2001. Enfin, on comptait 45 blessés en 1970 contre 22 en 2001. Ces chiffres sont à mettre en relation avec l'évolution des passages à niveau. Alors qu'il existait 13.800 passages gardés en 1970, il y en avait 1.856 en 2001. Les passages à niveau automatiques ont en revanche augmenté. II n'y en avait que 4.100 en 1970, on en comptait 11.116 en 2001.

CANADIENS EN VISITE

Si le système français des passages à niveau n'est pas exempt de tous reproches, en témoigne le nombre d'incidents récents dans la région, il fait encore partie des systèmes les plus performants dans le monde. La preuve, Gary Drouin, administrateur national au ministère des Transports du Canada était à Tours, à la fin du mois d'août (après avoir passé une journée à Marseille), pour s'informer de la législation française et des aménagements imaginés ici et là. Il faut dire qu'au Canada, le nombre d'accidents enregistrés sur les passages à niveau semble bien plus important qu'en France. Certains passages y sont d'ailleurs privés.

Accueilli par des représentants de la direction nationale de la SNCF et par Yves Soudan, responsable des passages à niveau près de la direction régionale, le représentant canadien s'est notamment rendu à Neuillé-PontPierre où vient d'être expérimenté un passage avec torche à flamme rouge. Une torche qui se déclenche lorsqu'il y a annonce du passage du train et bris de barrière. « Évidemment, reconnaît le représentant de la SNCF, ce système n'est pas une arme absolue : si la barrière se brise à l'arrivée du train, le conducteur de la locomotive ne pourra rien faire. Mais si l'incident se produit assez tôt, le conducteur peut freiner et limiter les dégâts car il lui faut quelques centaines de mètres pour s'arrêter. »

Le représentant du ministère des Transports canadien au PN 199 de Neuillé-Pont-Pierre avec deux représentants de la

Le représentant du ministère des Transports canadien au PN 199 de Neuillé-Pont-Pierre avec deux représentants de la direction nationale de la SNCF.

(Photo NR,,)