Les usagers du Paris-Vierzon veulent continuer à vivre au pays

Les usagers du Paris-Vierzon veulent continuer à vivre au pays

Près de 300 personnes ont manifesté, samedi matin, en gare de Vierzon, pour protester contre la menace de suppressions d'arrêts sur les grandes lignes. Les manifestants ont immobilisé un train quelques minutes.

O u on garde ces trains, ou on quitte la région. Nadine Bonnet, la secrétaire de l'association des Berriauds du rail (le comité de défense des usagers du rail Berry-Sologne-Paris), a annoncé la couleur, samedi matin, en gare de Vierzon. Les usagers des trains ont manifesté aux côtés de l'intersyndicale cheminote (CGT-CFDT-UNSA) et des élus (1).

Le hall de la gare de Vierzon était noir de monde samedi matin

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Le hall de la gare de Vierzon était noir de monde samedi matin. Les usagers des trains l’intersyndicale cheminote et les élus ont demandé l’abandon du projet de refonte des grandes lignes.

La refonte des grandes lignes envisagée par la SNCF serait effective en décembre 2007. Samedi matin, en gare de Vierzon,l'intersyndicale cheminote a annoncé de nouveaux « chiffres ». « De neuf allers-retours quotidiens, du lundi au jeudi, on passerait à cinq. Et de trois allers-retours les vendredis, samedis et dimanches, on passerait à un aller-retour. »

Pointer à l'ANPE ou déménager sur Orléans ou Paris

Selon Nadine Bonnet, « cent cinquante personnes environ vivent dans le Vierzonnais et travaillent sur Paris et Orléans ». Si des arrêts viennent à disparaître, les usagers du Vierzon-Paris seront contraints« de pointer à l'ANPE ou de déménager sur Orléans ou Paris. Ce qui augmenterait la désertification de la région ». Pendant quelques minutes, les manifestants ont stoppé un train qui se rendait à Châteauroux. Des pétitions ont également circulé. Huit cents signatures ont d'ores et déjà été récoltées.
Les élus, présents samedi matin en gare, semblent prendre conscience de l'impact du départ de dizaines de familles du bassin de vie vierzonnais. Les Berriauds du rail comptent d'ailleurs sur ces hommes politiques pour obtenir des réponses auprès d'Anne-Marie Idrac, présidente de la SNCF, et du ministre des Transports.
« Car nous n'attendons pas des phrases, mais bien des actes, ajoute Nadine Bonnet. Ce plan est ahurissant. Il va à l'encontre de l'aménagement du territoire. »
Les élus ne peuvent encore apporter de réponses aux menaces de suppressions d'arrêts. Rémy Pointereau, le sénateur, ne veut pas
« jouer au pompier pyromane » et attend un rendez-vous avec Anne-Marie Idrac dans les jours à venir « pour obtenir des informations concrètes ». Tandis que Jean-Claude Sandrier, le député, a parlé au directeur régional de la SNCF.« Il m'a annoncé que le nombre de suppressions serait revu à la baisse. Mais ce que nous voulons, c'est aucune suppression. »
La manifestation a également été l'occasion de demander le redémarrage du Polt (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse).
« Chacun est à même d'en mesurer l'importance et l'enjeu pour le développement de notre bassin d'emploi, a commenté Pascal Poupat. Son interconnexion avec Roissy puis l'Europe du Nord offrirait à Vierzon un essor et une ouverture certaine. Les études et les travaux sont financés. C'est dire à quel point le TGV pendulaire nous tend les bras pour peu que la pression soit suffisante. »

(1) Déjà, en 2006, en gare de Vierzon, trois manifestations avaient eu lieu afin de conserver la desserte Nantes-Lyon qui a finalement été maintenue.

Nolwenn TIREL

© Copyright La Nouvelle République 2007 Lundi 16 avril 2007

 

 

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