Lettre des OS au ministre des transports du 13 mai 2005

Lettre à Gilles de Robien, Ministre des Transports, des fédérations Syndicales des Cheminots CGT - CFDT - FO - CFTC - SUD Rail - CFE/CGC - FGAAC du 13 mai 2005 (13/05/2005)

Monsieur le Ministre,

Les décisions prises par la Commission européenne pour libéraliser l’ensemble des trafics ferroviaires, relayées dans notre pays par le gouvernement, ont pour objectif de démanteler le service public SNCF.

Les orientations contenues dans les différents paquets ferroviaires successifs consacrent l’ouverture à la concurrence sur fond de déréglementation et de dumping social. Elles visent à remettre en cause l’entreprise SNCF intégrée, son unicité et le statut des cheminots.

A ce jour, il n’existe toujours pas de cadre social, ni de réglementation du travail pour les entreprises souhaitant devenir des opérateurs ferroviaires. Les organisations syndicales n’acceptent pas que des trains circulent dans de telles conditions en France et elles s’opposent à la libéralisation.

Cette stratégie de déstructuration de l’entreprise publique est renforcée par le désengagement financier de l’Etat au travers des contrats de plan et du budget SNCF.

En effet, l’Etat refuse toujours d’assumer sa responsabilité dans l’endettement qu’il a imposé au système ferroviaire générant des frais financiers importants qui entraînent des économies drastiques, des suppressions d’emploi, des cessions d’actifs… A l’inverse le désendettement par l’Etat dégagerait des capacités d’autofinancement permettant ainsi au système d’investir. Cela éviterait, entre autres, les 1 500 km de ralentissements sur le réseau national.

Dans la même orientation, gouvernement et direction SNCF accélèrent le remodelage de l’entreprise qui se traduit par une accélération des plans de restructuration et de réorganisation.

Le plan fret dont les lourdes contreparties imposées par Bruxelles, acceptées par le gouvernement et la direction SNCF, s’avère être un véritable plan de casse dont les objectifs en recul ne sont même pas atteints. Les dernières annonces pour le transport combiné relève de cette politique de repli.

Le fait de recentrer le fret SNCF sur les trafics les plus rémunérateurs consiste à réduire les capacités de production en abandonnant des trafics. En agissant ainsi, la concurrence est organisée et favorise l’arrivée d’opérateurs ferroviaires privés. L’annonce de la première circulation d’un train privé sur nos voies en est l’illustration.

Les restructurations qui touchent l’ensemble des cheminots, sont assujetties à des milliers de suppressions d’emplois qui s’apprêtent encore une fois à dépasser les prévisions du budget 2005. Les 12 000 suppressions depuis 3 ans détériorent gravement les conditions de travail des cheminots, la qualité de service et la sécurité des usagers.

Le statut des cheminots est attaqué et fragilisé par cette politique avec des conséquences importantes pour les Caisses de Prévoyance et de Retraites.

Sur le plan salarial, les premières annonces pour 2005 sont insuffisantes et ne répondent pas aux exigences des cheminots.

Déjà exprimé à maintes reprises par les cheminots, leur mécontentement s’amplifie. Après la manifestation nationale du 25 novembre 2004, les actions de grève du premier trimestre 2005 appuyées par de nombreuses journées d’actions locales et régionales, les cheminots n’ont pas été entendus et leurs revendications sont restées sans réponses.

Les Fédérations syndicales CGT – CFDT – FO – CFTC – SUD Rail –CFE-CGC – FGAAC ont décidé d’appeler les cheminots à la grève le 2 juin 2005 pour exiger :

  1. Le désendettement du système ferroviaire pour développer le service public,
  2. Des moyens supplémentaires pour le développement de l’entreprise publique SNCF et de ses activités voyageurs et fret,
  3. Des emplois à statut pour répondre aux besoins et améliorer les conditions de travail,
  4. L’amélioration du statut des cheminots (CP-CR),
  5. L’ouverture immédiate de négociations salariales et l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires et pensions.

Elles se rencontreront à nouveau le 20 mai pour déterminer les modalités de cette grève (carrée ou reconductible).

Elles vous interpellent afin que vous mettiez à profit les prochains jours pour apporter les réponses nécessaires aux revendications des cheminots.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

Pour la CGT D.LeReste
Pour la CFDT P.Gandrieau
Pour FO E.Falempin
Pour la CFTC C.Clouzet
Pour SUD Rail C. Mahieux
Pour la CFE-CGC G.Blanc
Pour la FGAAC W.LaRocca

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