CF HSCT « VOYAGEURS » du 05 Novembre 2009 Déclaration de la CFDT

CF HSCT « VOYAGEURS » du 05 Novembre 2009 Déclaration de la CFDT Cheminots

Souffrance au travail, stress.... des vendeurs, télévendeurs et téléconseillers

Madame la Présidente,
Nous avons pris connaissance de la note « point d'étape sur les conditions de travail des vendeurs, télévendeurs et téléconseillers » travail engagé par la SNCF suite à la réunion extraordinaire du 27 janvier 2009 de la CFHSCT Commerciale obtenue par la CFDT.

Sans minimiser le travail accompli, l'état des lieux effectué et les propositions d'interventions, nous ne sommes même pas surpris des solutions proposées par SNCF VOYAGES.

Tant au niveau national : rappel des règles « éthiques » des ECM, sensibilisation des établissements par rapport au document unique.

Qu'au niveau local : création d'ambiances, réunions d'équipes, amélioration de l'outil, changements de fauteuils, nettoyage des locaux, embellissement de points de vente (Wouah !... On va mettre des stickers « Flower Power... »), distribution de plantes dépolluantes, mis en place d'intranet...

L'enquête diagnostic sur les risques psycho-sociaux menée par François WALLACH, Responsable de la politique de prévention des risques à la SNCF, et Annie RICHARDOT, Médecin du travail fait ressortir des éléments de contexte.

Pourtant, dans la note que nous avons reçu, ces deux professionnels ne font aucune proposition d'intervention.

Nous posons donc la question : cela sert à quoi d'envoyer un médecin sur le terrain si celui-ci ne nous donne pas une prescription ? alors qu'il a pour 1ère mission : de donner un avis sur les risques professionnels, avec le souhait d'intervenir le plus en amont possible dans les projets industriels de l'Entreprise (nouvelles techniques ou organisations de production) (RH 0919).

A la CFDT nous constatons que toutes les pistes d'amélioration des conditions de travail proposées sont axées sur l'homme au travail, l'ambiance au travail ou l'outil de travail.

Personne n'ose parler de l'essentiel.

Personne ne pose la question du mode de production employé par la SNCF, alors que l'on sait bien que c'est à cause du mode de production mis en place, que les problèmes arrivent.

L'exemple des TMS en très forte augmentation malgré des politiques de prévention est là pour démontrer que dès lors que l'on ne touche pas au modèle de production, les problèmes demeurent, voire s'aggravent.

Cela est aussi vrai pour le problème des algues vertes.

On ne peut matériellement pas faire travailler un opérateur comme si celui-ci était un sportif de haut niveau pendant des années.

A la SNCF

A vouloir à tous prix faire suivre un script à l'opérateur, on lobotomise celui-ci.

A vouloir à tout prix mettre en place une culture de premier de la classe, challenge, suivi individuel des performances et autre tableau de bord, on créé de la concurrence entre les agents, on tue les collectifs et on écrase les petits derniers.

A vouloir à tout prix diminuer les coûts de production, on crée des indicateurs débiles qui oublient l'humain, ses besoins, ses rythmes biologiques, (il faut à toux prix que les temps de pause dans les centres d'appel ne dépassent pas 13,5 % du temps de travail. Débrouillez vous comme vous voulez au niveau de la production. Voilà la norme !!!)

A vouloir faire le bien de l'entreprise, de ses clients et des décideurs politiques on en arrive à faire du mal aux agents, quel que soit leur niveau hiérarchique.

Nous le savons bien à la CFDT que les modes de production mis en place sont potentiellement destructeurs.

Nous avons fait une enquête dans les centres d'appel.

A partir de cette enquête, nous avons construit une démarche afin de proposer des idées venant des personnels.

Une de ces idées qui améliorera le quotidien d'une catégorie des télévendeurs et pourra donner un peu d'autonomie aux opérateurs dans la gestion de leur temps de travail quotidien va être mise en place. Les horaires individualisés au CCGV de Nantes sont actuellement sur les rails, il reste des étapes à franchir, mais nous ne comprendrions pas que le CER de Nantes puisse refuser cette mise en place, quand la SNCF lui demandera son avis.

La CFDT, qui est à l'origine de cette démarche, a été reçue deux fois par la Direction.

  • Une fois en juin pour présenter notre enquête et formuler nos demandes,
  • Une fois ensuite en septembre pour entendre la Direction nous proposer une solution rentrant dans un cadre bien précis qu'est le RH 0136.

Satisfaits ? Non, car la mise en place d'horaires individualisés peut entreprise dans tous les centres d'appels. Encore faut-il s'en donner la peine et les moyens.

Satisfaits ? Non, car si ce système avait été mis en place au CLD de Vannes, une salariée n'aurait pas reçu une demande d'explication pour des retards à la prise de service (5 en tout totalisant à peine plus de... 20 minutes).

Il semble quand même qu'à la suite d'un entretien avec son N+2 en présence de son N+1, l'agente étant accompagnée par un représentant du personnel CFDT siégeant à cette CFHSCT, que « cette peau de bouc » restera sans suite.

Je vous remercie, Madame la présidente.

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