RETRAITES contre la régression sociale,L’ACTION ! tract FGTE

      13 mai 2003
    RETRAITES : contre la régression sociale, L’ACTION ! Faire baisser de 20 à 30 % d’ici 2020 le niveau des pensions des retraités du public et du privé, c’est la solution trouvée par le Ministre du Travail pour « équilibrer » les comptes des régimes de retraite appelés à faire face à l’augmentation du nombre des retraités.

    Les salariés du privé verront la réforme Balladur (40 ans de cotisation au lieu de 37,5 ans ; calcul sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures ; indexation sur les prix au lieu des salaires) achever de se mettre en place en 2008. Ils devront supporter en plus une « proratisation » calculée sur 160 trimestres au lieu de 150 et verront la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein s’élever à 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020. Résultat, entre 1993 et 2020, les pensions connaîtront une baisse de près de 30 %, du fait des carrières plus courtes, des périodes de chômage, de précarité ou de temps partiel.

    Les salariés de la Fonction publique verront leur durée de cotisation portée à 40 ans en 2008 (au lieu de 37,5 ans aujourd’hui), leurs cotisations augmenteront jusqu’à 10,35 % (au lieu de 7,85 %), une décote supplémentaire de 3 % par an pour annuité manquante sera instaurée. La durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein sera portée également à 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020. Résultat, entre 2003 et 2020, les pensions connaîtront une baisse de plus de 20 % sous l’effet des difficultés accrues pour effectuer des carrières complètes.

    Les salariés des régimes spéciaux seront « traités » ensuite, à la différence de 1995. Leurs régimes seront fragilisés financièrement par la modification du calcul de la compensation et de la surcompensation inter-régimes. Nul doute que le gouvernement tentera alors de leur appliquer les mêmes recettes s’il réussit à faire passer sa réforme dans les autres secteurs.

    . Paupériser les retraités … ?

    En refusant d’envisager toute augmentation des financements pour faire face à l’augmentation de 50 % du nombre des retraités, le gouvernement fait le choix d’une régression sociale majeure.
    Les mesures retenues (allongement de la durée de cotisation et instauration d’une décote pour annuités manquantes) auront des effets très négatifs quand elles s’appliqueront aux générations ayant commencé à travailler dans les années 80 et 90. Entrant tardivement sur le marché du travail, victimes du chômage, des sorties anticipées à coup de « plans sociaux », des périodes de précarité ou de temps partiel contraints, ces générations seront loin d’avoir le nombre d’annuités nécessaires pour prendre leur retraite à 60 ans au taux plein.
    Les appels incantatoires du gouvernement pour que les entreprises permettent aux salariés de travailler plus longtemps ont peu de chance d’être entendus par le patronat. Le Medef réclame 45 annuités de cotisation, mais les patrons se débarrassent des 2/3 des salariés avant 60 ans. En fait, ils veulent une baisse dramatique des retraites par répartition pour mieux développer la capitalisation et les fonds de pension. Résultat : un brutal appauvrissement des futurs retraités qui n’auront pas les moyens d’épargner.
    C’est inacceptable !

    . … ou partager autrement les richesses ?

    D’autres solutions existent pour maintenir le niveau de pension des futurs retraités. Cela nécessite de porter de 12 à 18,5 % d’ici 2040 la part du produit intérieur brut (PIB) consacrée au financement des retraites. C’est possible puisque sur la même période cette richesse nationale aura au moins doublé, même avec une croissance économique de 1,7 % seulement,

    Pour cela, il faudrait augmenter les cotisations retraites de 15 points d’ici 2040, soit 0,37% par an pendant une quarantaine d’année c’est-à-dire, en respectant la répartition des cotisations actuelles, une hausse de 0,24 % pour les cotisations patronales et de 0,13 % pour les cotisations salariales. Est-ce vraiment hors de portée ? Nous ne le croyons pas.

Non au nivellement par le bas

AGISSONS ENSEMBLE POUR LES RETRAITES

    La FGTE CFDT revendique :

  • la pérennisation du système par répartition : pas question de jouer nos retraites au casino, ni de créer de nouvelles inégalités,
  • un haut niveau de remplacement pour toutes et tous, public et privé, (100 % pour les salaires au SMIC, 80 % pour un salaire de 1500 euros net, 70 % pour un salaire de 3000 euros net), et sa garantie dans la durée en référence à l’évolution des salaires,
  • la retraite pleine et entière à 60 ans ce qui implique le refus de tout allongement de la durée de cotisation qui empêcherait d’exercer effectivement ce droit,
  • la retraite avant 60 ans pour les salariés ayant travaillé tôt dès qu’ils réunissent 40 annuités, et pour ceux qui ont subi des travaux pénibles ou astreignants.
  • La FGTE CFDT réaffirme que de tels objectifs

    ne peuvent être atteints que par :

  • la remise en cause de la réforme Balladur et de ses mécanismes qui organisent la régression des pensions,
  • l’augmentation des financements nécessaires pour assurer un bon niveau de pension à un nombre croissant de retraités.
    • La FGTE CFDT appelle les salariés

      des Transports et de l’Equipement à

      participer massivement aux arrêts

      de travail et aux manifestations.

      LE 13 MAI TOUS ENSEMBLE
      POUR DEFENDRE NOS RETRAITES