SERNAM ... 4 ans après ...

SERNAM 4 ans après ...

Actualités Le Cheminot de France n°1 Avril 2004

Lorsque, en janvier 2000, le SERNAM a changé de statut juridique, passant de service de la SNCF à filiale, beaucoup s'interrogeait sur son avenir.

Aujourd'hui, en avril 2004 :
Quel bilan dresser ?
Quelles sont les perspectives ?

Tout d'abord, et pour la grande histoire, il convient de rappeler que la CFDT n'a pas cautionné la filialisation. La CFDT a agi sous différentes formes, a proposé des alternatives aptes à participer au redressement du SERNAM, en opposition, il est vrai, à l'idéologie dominante.

Nous avons été écoutés... mais pas entendus. Dans ce contexte pour le moins déstabilisant, la CFDT n'a pas baissé les bras... Au contraire, nous avons adapté notre stratégie et mis toute notre énergie syndicale au service de cette nouvelle donne.

La première action à mettre à l'actif de la CFDT a été la négociation du protocole social de changement juridique du SERNAM. Nous avons négocié et obtenu des garanties importantes :

  • Pour les cheminots qui partaient du SERNAM ;
  • Pour les cheminots qui restaient au SERNAM

Ensuite, et sur la durée, nous avons pleinement assuré nos responsabilités syndicales avec une attention toute particulière pour les nouveaux embauchés dépendants de la convention collective du transport routier.

Ce faisant, la CFDT a su obtenir la confiance de l'ensemble des salariés et a pu ainsi continuer à progresser aux élections professionnelles pour atteindre un score supérieur à 80% en 2001.

Quel bilan dresser ?

Pour faire le bilan des 4 années écoulées, il convient de rappeler les principales évolutions.

Le changement de LOGO a été présenté comme nécessaire par les dirigeants pour "casser" l'image passée du SERNAM. Il a coïncidé avec la mise en œuvre d'un nouveau plan de transport, certes plus performant, mais cher et mal optimisé. Dans ces conditions, la CFDT a souhaité une relance commerciale... souhait en partie exaucé par l'embauche de nouveaux salariés affectés à la force de vente.

Les résultats se font encore attendre, mais il faut noter que la conjoncture ne joue pas en notre faveur.

Malheureusement, les bouleversements vécus au SERNAM ont été notoirement plus conséquents.

C'est ainsi que :

  • Le SERNAM a été "éclaté" en 11 filiales mettant ainsi à mal l'unicité de l'entreprise ;
  • Le réseau a été amputé de nombreux sites (agences et chantiers annexes) et des restructurations sont encore en cours sur la région parisienne en particulier ;
  • Les emplois ont régressé passant de 5 400 à 3 600 et il ne reste plus que 400 cheminots ;
  • Plusieurs plans sociaux ont vu le jour et, pour la première fois depuis sa création, en 1970, le mot LICENCIEMENT est devenu "à la mode" au SERNAM.

Nous avons ainsi pu mesurer ce qui sépare la gestion des restructurations d'une entreprise à statut et d'une entreprise de droit privé :

LA GARANTIE DE L'EMPLOI.

Toutefois, et grâce à l'action de la CFDT, des mesures d'accompagnement importantes et des solutions de reclassement ont pu être trouvées pour la plupart des salariés concernés dans le groupe SNCF et à l'extérieur.

Durant ces quatre années, la CFDT ne s'est pas contentée d'agir sur le plan défensif... au contraire, et grâce à la négociation efficace, nous avons fait avancer le droit des salariés :

  • Prise en charge par l'employeur de la cotisation mutuelle prévoyance maladie à hauteur de 50% ;
  • Accord sur la prévoyance gros risque (décès, incapacité, invalidité) ;
  • Accord sur le 1% logement ;
  • Au temps de travail par l'octroi de journées RTT, bien que tous les salariés aient été embauchés à 35 heures (5 x 7) ;
  • Augmentation de la subvention sociale par la prise en charge, par l'employeur, de l'arbre de noël ;
  • Mise en œuvre d'un examen d'accès à la maîtrise et d'accès à la qualification B pour le personnel cheminot.

Aujourd'hui, des négociations sont toujours en cours sur l'harmonisation des statuts CCNTR (Convention Collective Nationale des Transports Routiers). Des accords sont possibles sur le paiement de l'ancienneté et d'une prime de vacances.

Petit à petit, malgré la situation "délicate" de l'entreprise, la CFDT négocie le statut du nouvel embauché SERNAM. Il reste encore beaucoup à faire, mais nous avons le soutien des salariés, donc beaucoup d'atouts entre nos mains.

Quelles perspectives pour le Sernam ?

Lorsque le SERNAM a été filialisé, la Direction SNCF voulait l'adosser à un autre messager. C'est GEODIS qui, contraint et forcé, a été choisi, prenant une participation à hauteur de 15%.

Son engagement a été de courte durée puisque, suite à un dépôt de plainte auprès des autorités de Bruxelles, GEODIS s'est empressé de retirer ses billes.

A ce jour, nous sommes revenus à la case départ et la SNCF est à nouveau seule actionnaire du SERNAM.

Cette situation transitoire devrait à nouveau évoluer. Compte tenu des nouvelles orientations qui se dessinent dans le groupe SNCF, il n'est pas dit que GEODIS revienne dans le SERNAM.

Quel autre grand messager osera tenter l'aventure Sernam ?

La CFDT revendique, pour le SERNAM, un véritable projet industriel et commercial garantissant la pérennité de la marque, du réseau et des emplois.

Fin 2004, à l'issue de la période d'observation fixée par Bruxelles, nous connaîtrons enfin le sort réservé au SERNAM.

La CFDT, pour sa part, restera vigilante et active durant cette période cruciale.

Michel BOTREL