Table ronde du 14 novembre 2005 "Projet industriel" déclaration CFDT

Table ronde du 14 novembre 2005 « Projet Industriel »

Union Fédérale CFDT des Cheminots et Activités Complémentaires

(Fédération Générale des Transports et de l'Equipement)

47/49, avenue Simon Bolivar - 75950 - PARIS CEDX 19

Tél. : 01 56 41 56 70 - Fax : 01 56 41 56 71 - cfdt-cheminots-federation@syndicat-sncf.org

- Déclaration de la CFDT -

Monsieur le Président,

La CFDT interviendra dans un cadre général.

Le climat dans l'entreprise est actuellement très tendu.

Alors que les dirigeants de la SNCF se réunissent à Zürich pour évoquer les pistes d'évolution et d'améliorations de nos fonctionnements, les cheminots, s'inquiètent de leur avenir et de celui de leur entreprise.

Les changements sont profonds, et les agents ont souvent l'impression d'être laissés au bord du chemin.

Les événements extérieurs démontrent que nos gouvernants ne reculeront devant aucun sacrifice pour imposer leur politique libérale, avec en toile de fond, les échéances électorales de 2007.

C'est dans ce contexte de méfiance et de tension que vous avez réaffirmé la mission de service public de la SNCF et son caractère intégré, tout en mettant l'accent sur la compétitivité obligée.

A la CFDT, ces deux notions nous semblent difficilement compatibles...

Pour assurer un service public et un service au public de qualité, il faut nécessairement des cheminots, et des moyens et c'est là que le bât blesse.

Ce 4ème volet du projet industriel est donc ambitieux, mais dessine clairement les contours d'une entreprise fonctionnant par activités, qui se veut très compétitive, commercialement agressive, et le service public dans tout cela ?

Le dernier exemple en date avec la suppression de 2330 postes de vendeurs ou télévendeurs à VFE, illustre bien cet état d'esprit.

La finalité de ce projet est bien la diminution des agents au contact direct de la clientèle. A la CFDT, nous ne pouvons croire qu'avec moins de présence humaine dans les gares, vous améliorerez la qualité de service et d'offre à la clientèle.

C'est l'une des différences fondamentales entre la conception que nous avons les uns et les autres du service dû aux clients.

Devenir l'entreprise de transport leader en Europe et se préparer à affronter la concurrence, pourquoi pas, mais cela passe inévitablement par les hommes et les femmes qui composent cette entreprise.

Le volet emploi est donc prépondérant, mais aussi celui de la formation professionnelle, de la reconnaissance du savoir-faire et des compétences, et de leurs critères d'évaluation, de l'accueil des jeunes et du transfert des connaissances, de la mobilité.

Tous ces sujets méritent débat.

Concernant les moyens, permettez-nous de douter qu'un gouvernement qui n'hésite pas à brader les bijoux de familles pour tenir ses promesses électorales, soit prêt à mettre la main à la poche pour remettre à niveau les infrastructures, élément pourtant essentiel pour le service public ferroviaire, ou pour favoriser toute initiative allant dans le sens du développement du transport par rail, dans un contexte actuel pourtant économiquement favorable à ce type de transport.

D'ailleurs, nous avons déjà pu avoir un aperçu des intentions du gouvernement lors du transfert des budgets nécessaires au fonctionnement et à la modernisation des transports en Ile de France, ou sur le dossier des TIR...

Le désengagement financier de l'état aura des conséquences considérables sur la stratégie de la SNCF.

Comment atteindrez-vous vos objectifs de régularité et de sécurité si l'infrastructure n'est pas remise à niveau ?

Comment vos objectifs en matière de lutte contre les fraudes, de propreté etd'informations aux voyageurs seront-ils atteints sans moyens humains conséquents ?

Cette nouvelle étape ne se fera pas sans l'assentiment et la pleine coopération des cheminots.

Cela passe inévitablement par une modernisation en profondeur du dialogue social, à tous les niveaux. Signer des accords ne suffit pas, il faut aller plus loin, responsabiliser les acteurs et leur donner une véritable culture du résultat pour éviter les conflits. Nous en sommes encore très loin, et ce ne sont pas les derniers articles parus dans la communication interne qui nous démentiront...

La CFDT souhaite être reconnue comme véritable partenaire et force de proposition et non pas comme un frein au développement et au progrès, image trop souvent véhiculée par l'entreprise au sujet des organisations syndicales en général, avec la tentation évidente de vouloir les mettre en opposition avec les cheminots.

Pour finir, la CFDT note avec satisfaction que la SNCF souhaite être reconnue comme un acteur de solidarité, en développant les domaines tels que l'insertion dans l'entreprise, l'apprentissage, les emplois aidés, mais aussi en mettant en place une véritable politique de développement durable, en facilitant l'accès au transport des personnes handicapées, en développant les chantiers d'insertion.

Comptez sur notre vigilance pour que ces bonnes paroles ne demeurent pas des vœux pieux.

La délégation CFDT

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